Artistes sortis de la production artistique, parfois sans œuvres, nous n’encombrons pas, nous ne polluons plus. Il ne s’agit plus seulement de sortir du musée, il s’agit aussi de sortir de la production tant celle-ci est liée au geste industriel. Il ne s’agit plus de poser çà et là des œuvres monumentales, mais de collaborer dans une relation respectueuse et solidaire.

L’écologie, le changement climatique, et l’art remettent en cause les données et les acquis, entre ce que qui change dans le monde et dans notre relation au monde dans un contexte de variations. Variations climatiques, variation dans les habitudes, variations migratoires de nombreuses espèces, désordres, etc…

Un projet en accord avec la nature ne peut être qu’un projet en évolution qui interroge et éprouve les changements. Artiste, nous voulons la coprésence avec la nature, la relation directe dans un esprit de proximité. Il s’agit de prendre acte de chaque réalité et d’élaborer avec elle des rituels de création, de retrouver une familiarité perdue grâce à des échanges directs. Être soi-même dehors, vers le dehors, ce qui veut dire, ne pas ramener, ni se servir, ni exploiter. Créer sans produire, sans s’approprier, sans permettre ni l’appropriation, ni la collection. Garder des traces en cueillant, l’intention, le geste et le monde, par la photographie.

Savoir que l’on passe et laisser juste une trace, sans emmagasiner, sans déranger, sans modifier.

 

 

Tambours, masques…
Les tissages

Faire œuvre éphémère et être artiste sans œuvres. Retrouver les premiers gestes, rétablir un dialogue, et se placer dans une pratique écologique de désappropriation de la nature, laisser sur place une trace qui soit destinée à disparaître. Utiliser le fil pour renouer des liens

Les sculptures de feu

Certaines de ces sculptures sont brûlées lors de performances nocturnes. Il s’agit d’un rituel qui rejoint celui de rêver, d’un rituel de conjuration de la disparition par les flammes. Aujourd’hui, après les mois d’incendies qui ont ravagé l’Australie, il est impossible d’empêcher de faire le lien avec cette destruction du vivant par les flammes, mais nous travaillons de cette manière depuis deux ans.

Des sculptures en papier blanc, il ne reste que les mots en fil de fer plantés au milieu des cendres qui s’éteignent après avoir un instant rougeoyé dans la nuit. Pendant le feu, pendant l’alchimie brève de la transformation, la photo saisit l’essence invisible de l’intention même de la création, du rêve et du dialogue avec l’invisible, et dans le jeu des flammes, sa forme se fait animal.

Les sculptures de papier

Le papier est une matière, sculptée, dessinée en tapisseries de pigments. Les mots s’y déposent parfois en romans. Ces pratiques s’articulent ensemble, se répondent et se nourrissent l’une de l’autre.

Les installations et les performances

Abandonner peu à peu la contrainte du carré pour s’ouvrir à des formats plus importants, présentés dans des installations-projections.

Mosaïque en carrés 1 x 1 m

Journal extime, sous forme de toile carré de 1×1 mètre pendant deux ans et demi selon une spirale intérieure qui tient lieu de narration. Relation intime avec la matière, les ocres et les pigments de Rustrel dont la transparence des résines ne permettent aucun repentir.

Tisse les corps et les mots, les mots et le support, le support et le corps pour les interroger en les liant.